Le regard contemplatif face à l’océan, la pose immobile, dans la position du lotus,
Song rentre en parfaite harmonie, son corps et son esprit ne font plus qu’un.
Evacuant toutes pensées négatives, il réfléchit profondément sur ses actes passés.
*pourquoi me suis-je retrouvé face de ces hydres, armé de mon épée et de ma ceste ?*
*pourquoi ai-je commis ce « carnage », anéantissant toutes ces pauvres hydres ?*
Quelques jours avant, j’avais rencontré des moines qui se revendiquaient du titre « les moines immortels ».
Subjugué par leurs talents destructeurs, j’avais eu envie de connaître les joies aussi fugaces soit-elles d’être un moine offensif.
Au bout d’une semaine j’avais cette impression persistante que je me perdais…
Avec cette technique, basé sur un concept de moine derviche, Il m’arrivait d’enchaîner seul une centaine d’hydres en une heure de temps
avec une facilité déconcertante.
Mais aujourd’hui, je comprends, je me souviens des raisons qui m’ont poussé à devenir un moine guérisseur.
Rien n’est plus beau que d’apporter le soutien inespéré, de faire renaître la vie, de protéger ceux que l’on aime.
C’est pour cela que je suis en quête perpétuelle de la perfection de ma technique de guérison, mais parfois on s’égare.
Cette expérience aura été nécessaire et aura renforcé ma conception du moine guérisseur.
Le savoir n’est pas un mal, c’est plutôt ce que l’on en fait. Song songeur sortit de sa méditation se demandait si cette technique pouvait
intéresser un moine qui souhaiterait faire sa propre expérience. Dans un geste précis il trempa sa plume dans l’encrier usager, tandis que de l’autre,
il tenait un parchemin vierge...
Je ne suis qu’un simple moine, je n’ai pas la prétention d’enseigner mais plutôt de partager un modeste savoir.